Assemblée Générale des Nations unies : le monde à la recherche d’une nouvelle boussole !

La 81ème Assemblée générale des Nations-unies se tient à New York, aux États-Unis, du 22 au 28 septembre 2026, dans un contexte international marqué par la multiplication des guerres, les tensions autour de la souveraineté des États, le dérèglement climatique, l’essor de l’Intelligence Artificielle, l’endettement et les débats sur la réforme du système multilatéral.

Ce grand rendez-vous diplomatique, qui réunit les dirigeants du monde, entend notamment répondre aux profondes fractures d’un ordre international en pleine recomposition. Le thème de cette 81ème session est révélateur : « Restaurer la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations-unies au service de tous ».

Pour António Guterres, qui achèvera son mandat le 31 décembre après dix années à la tête de l’Organisation, le diagnostic est sans détour. À la tribune, il a estimé que les « fissures » du monde étaient devenues des « canyons ». Guerres prolongées, attaques contre les civils, violations du droit international, inégalités, crise climatique et révolution de l’Intelligence Artificielle (IA) constituent, selon lui, les quatre grands tests auxquels la communauté internationale doit répondre : paix et sécurité, inégalités, climat et IA. Il réclame notamment une gouvernance internationale de l’IA et une réforme du Conseil de sécurité, soulignant l’absence persistante d’un siège permanent pour l’Afrique.

Le président de l’Assemblée générale, Khalilur Rahman, pose, lui, aussi la question de l’efficacité. « Les peuples ne demandent pas si l’ONU existe encore. Ils demandent si elle fonctionne », a-t-il déclaré. Son propos résume l’enjeu de cette session : restaurer la confiance sans se contenter de réaffirmer les principes du multilatéralisme.

Le discours du président américain a donné une autre tonalité aux débats. Donald Trump a défendu la souveraineté et les intérêts américains, critiqué le fonctionnement des institutions internationales et évoqué avec fermeté les dossiers iranien et ukrainien. Sur l’Iran, il a évoqué la possibilité d’une escalade en l’absence d’accord, tout en indiquant que des discussions se poursuivaient.

Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a, pour sa part, concentré son intervention sur la réforme de l’ONU et la crise au Moyen-Orient. Il a estimé que la structure actuelle du Conseil de sécurité ne permettait plus de répondre efficacement aux crises internationales et a appelé à une réforme profonde du système.

Pour l’Afrique, le problème dépasse les seuls conflits. Le continent réclame davantage de représentation dans la gouvernance mondiale, notamment au Conseil de sécurité, mais aussi des réponses aux déficits de financement du développement, à la dette, au changement climatique, à l’insécurité et à la transformation économique. L’Union africaine place également la paix, la sécurité et le développement durable parmi ses priorités à New York.

En Afrique de l’Ouest, le Sahel ajoute une dimension particulière, notamment la souveraineté, la sécurité, le développement et la redéfinition des partenariats extérieurs. Pour les États de la Confédération de l’AES (Burkina Faso, Mali et Niger), l’enjeu est notamment de faire entendre leur conception de la souveraineté et leurs priorités sécuritaires et diplomatiques dans un environnement régional profondément transformé.

Ailleurs, les préoccupations se superposent sans toujours converger. L’Europe regarde vers l’Ukraine, la sécurité et le climat. Le Moyen-Orient reste dominé par Gaza, l’Iran et les risques d’escalade régionale. L’Asie s’interroge sur la sécurité, les chaînes d’approvisionnement, l’énergie, les technologies et l’équilibre entre grandes puissances. L’Amérique latine et les Caraïbes mettent davantage l’accent sur la souveraineté, le développement, la criminalité transnationale et le changement climatique.

Au fond, New York donne à voir un monde moins ordonné qu’en apparence. L’ONU demeure l’espace où presque tous les États peuvent se parler, mais parler ne suffit plus lorsque les mécanismes de décision restent bloqués par les rapports de puissance.

La paix durable est-elle alors hors de portée ? Les débats actuels ne permettent pas de le conclure. Une chose apparaît cependant : sans réforme des institutions, sans respect du droit international, sans coopération sur le climat et les nouvelles technologies, et sans réponse crédible aux inégalités et aux conflits, la paix restera difficile à consolider.

À New York, le véritable enjeu n’est donc peut-être pas de savoir combien de discours seront prononcés. C’est de savoir combien de ces paroles pourront survivre au retour des chefs d’État dans leurs capitales. C’est là que se mesurera la capacité réelle du multilatéralisme à restaurer la confiance.

M. Tahirou

Sources : ONU, Reuters

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