Le Comité Exécutif de l’Union des Élèves de l’EMIG (CE/UEE) avait lancé un mouvement le 18 juillet 2025 au sein de l’établissement et présenté comme étant une action de défense des « intérêts matériels et moraux » des élèves, notamment en raison du non-acheminement de ses militants pour les grandes vacances. Mais très vite ce mouvement s’est transformé en un engrenage de violences inacceptables, comme l’ont dénoncé avec indignation les syndicats du personnel (SNEIGE EMIG, SNECS EMIG, SYMPATEMIG) dans leur communiqué conjoint adressé au Directeur Général de l’EMIG.
En effet ce mouvement a vite franchi « le seuil du tolérable ». Des enseignants-chercheurs, technologues et agents administratifs ont été séquestrés, les portails de l’école cadenassés, certains contraints d’escalader les murs pour rentrer chez eux, et la liberté de culte a été bafouée en empêchant au personnel de L’EMIG de se rendre à la prière du vendredi. Plus grave encore, la route menant au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) a été barricadée, « mettant en danger la santé de la population », un acte irresponsable à la limite criminel qui dépasse largement le cadre d’une revendication estudiantine. Les syndicats, tout en rappelant le droit de revendiquer dans le respect des règles, condamnent un « comportement irresponsable, répréhensible et contraire aux valeurs de notre institution », exigeant la convocation immédiate d’un conseil de discipline et la sanction exemplaire des instigateurs, suspendant leurs activités jusqu’à obtention de ces mesures. Ces actes assimilables à un vandalisme outrancier et à une prise d’otage appellent des réactions fermes et immédiates.
La Riposte Barbare : L’UENUN et sa CASO dans le Rôle de la Matraque
Si le dérapage du CE/UEE est inexcusable, la riposte dénoncée par ce même comité plonge encore plus l’affaire dans la tourmente. Le CE/UEE accuse le Secrétaire Général de l’UENUN, Idrissa Garda dit « Joli », d’avoir déployé la Commission des Affaires Sociales et de l’ordre (CASO) pour réprimer violemment la manifestation à l’intérieur même de l’EMIG, une intervention qualifiée « d’acte terroriste » et de « mission kamikaze ». Les accusations, qui devront être vérifiées par une enquête indépendante, évoquent une invasion brutale, des coups portés à coups d’armes blanches et de bâtons, des blessés parmi les étudiants, dont le SG/A de l’UEE et le SCAA, nécessitant des soins. Le CE/UEE dénonce une « complicité » avec certaines autorités et une trahison qui rompt la solidarité historique entre les étudiants de l’UAM et de l’EMIG.
Les événements du 18 juillet, rappelant que « ce n’est pas la première fois », cristallisent une triple faillite : celle du dialogue, où revendiquer des droits en piétinant ceux des autres ôte toute légitimité à la cause ; celle de la gouvernance estudiantine, quand une structure comme la CASO devient une milice agressant ceux qu’elle devrait défendre ; et celle de l’autorité institutionnelle, incapable de prévenir ou de contenir ces dérives, laissant des groupes externes agir en toute impunité. Le Directeur Général de l’EMIG doit réagir sans délai, convoquer le conseil de discipline réclamé par les syndicats et appliquer des sanctions rigoureuses. Les faits de séquestration, de blocage du CHU et de vandalisme exigent également, si nécessaire, un traitement judiciaire. Parallèlement, une enquête impartiale et approfondie doit être ouverte par le MESR/IT et, le cas échéant, par la justice, pour faire la lumière sur le rôle de la CASO/UENUN et établir les responsabilités du SG de l’UENUN afin qu’elles soient sanctionnées. On se rappelle cette même CASO avec la bénédiction du SG de L’UENUN avait empêché à travers des actes de vandalisme l’organisation d’un événement de portée académique le 28 juin dernier au Centre d’excellence Régional sur les Productions Pastorales CERPP au sein de l’université
Le drame du 18 juillet est un signal d’alarme retentissant. Plus qu’un retour à l’ordre, il appelle à une restauration urgente de l’autorité légitime, du respect mutuel et du dialogue au sein des institutions éducatives. Sans une action rapide, ferme et équitable des plus hautes autorités, l’école risque de sombrer définitivement, emportant avec elle l’espoir d’une jeunesse formée à la raison, à l’éthique et à la citoyenneté. Sanctionner les barbares, qu’ils soient casseurs ou matraqueurs, constitue la première étape pour sauver l’école de l’abîme.
Mahamadou Tahirou





