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Niamey
1 février, 2026
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Attaque contre la base 101 de Niamey : plus de questions que de réponses

Une attaque terroriste complexe et coordonnée contre la base 101 de l’armée de l’air, jouxtant l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, a été perpétrée dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026. Elle porterait la signature de l’Etat Islamique au Sahel du chef terroriste malien Amadou Kounfa. Selon le bilan officiel rendu public par le Ministère de la Défense Nationale, 20 terroristes ont été tués, 11 capturés, 04 soldats blessés, un stock de munitions détruit, des matériels de guerre de l’Etat Islamique récupérés, etc. Dans leur débandade, les assaillants ont impacté des aéronefs des compagnies Asky et Air Ivoire stationnés sur le tarmac de l’aéroport international Diori Hamani.

S’exprimant sur cet incident, le journaliste Seidik Abba, président du Centre International d’Etudes et de Réflexion sur le Sahel, a reconnu que c’est la première fois qu’une attaque de grande ampleur est enregistrée à Niamey. Il est vrai qu’en 2011, deux français avaient été enlevés au bar restaurant Le Toulousain, et un ressortissant américain, en octobre dernier, au quartier Plateau, mais c’est la première fois qu’une attaque coordonnée est perpétrée à Niamey, et de surcroit sur « une cible qui a une portée symbolique » qu’est la base 101. En effet, cette base abrite l’armée de l’air nigérienne, le quartier général de la Force unifiée de l’AES, le cantonnement des partenaires russes et celui de la Mission Italienne Bilatérale de Soutien au Niger (MISIN).

Si les assaillants n’avaient pas pu prendre le contrôle de l’emprise de l’Escadrille avec des dégâts suffisamment limités, cela est dû à la prompte réaction des soldats nigériens en poste à la base 101 appuyés par ceux se trouvant à Niamey. A présent, place aux nombreuses questions qui taraudent l’esprit de tous : d’où viennent ces assaillants ? Comment ont-ils pu approcher la zone aéroportuaire à motos sans être repérés ? Le renseignement a-t-il été efficace ? Une éventuelle enquête permettrait de démêler les fils du puzzle.

En visite sur le site de la base 101, le général Abdourahamane Tiani, a félicité les « partenaires russes qui ont défendu avec professionnalisme leur secteur de sécurité » avant de pointer du doigt les présidents français, ivoirien et béninois d’être les « sponsors » de cette attaque terroriste. « Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires notamment Emmanuel Macron, Patrice Talon, Alassane, Ouattara, nous les avons suffisamment écoutés aboyer, qu’ils s’apprêtent eux aussi à leur tour à nous écouter rugir » avait déclaré Tiani. Les autorités béninoises et ivoiriennes n’ont pas tardé à réagir. Face à la presse, dans son pays, le Porte-parole du gouvernement béninois s’est élevé contre les propos du chef de l’Etat nigérien. « Nous ne prenons aucune menace à la légère », avait-il déclaré.

Quant aux autorités ivoiriennes, elles ont donné une réponse diplomatique à l’intervention du chef de l’Etat. Dans un communiqué de presse du Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération Internationale, on apprend que l’ambassadrice du Niger à Abidjan a été convoquée par la cheffe de la diplomatie ivoirienne, vendredi 30 janvier. « Cette convocation fait suite aux graves propos tenus récemment par les plus hautes autorités nigériennes à l’endroit de Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire », peut-on lire. Le communiqué annonce qu’« une Note de protestation formelle a été remise à l’ambassadeur pour transmission à ses hautes autorités. Le Gouvernement ivoirien reste attentif à la suite qui sera donnée à cette démarche et se réserve le droit de tirer toutes les conséquences qui s’imposent ».

La Rédaction

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