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27 janvier, 2026
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Liberté de la presse :Le journaliste Gazali Abdou Tassaoua sous mandat de dépôt !

Notre confrère Gazali Abdou Tassaoua, correspondant du service Hausa de la radio internationale allemande Deutsche Welle (DW) au Niger, a été placé sous mandat de dépôt, vendredi 23 janvier dernier, en fin de journée. Après plusieurs allers-retours à la Police judiciaire, il a été finalement déposé à la prison civile de Niamey.

Même si officiellement, rien n’a été indiqué sur les chefs d’accusation qui ont conduit à l’inculpation de notre confrère, tout porte à croire que c’est son reportage, diffusé le 15 janvier dernier sur DW, sur la situation des réfugiés nigérians, à Niamey, qui serait à l’origine des ennuis judiciaires du journaliste. Nombre de confrères estiment qu’il s’agit là d’un travail journalistique classique, celui qui consiste à enquêter, témoigner, alerter et informer dans l’intérêt du public.

Depuis l’annonce de l’incarcération de Gazali, la radio DW, les organisations socioprofessionnelles des médias et de défense des droits humains ont unanimement exigé sa libération immédiate et sans condition. La prison ne saurait être la réponse d’un État à un reportage même si on le juge dérangeant.

Actuellement, rappelons-le, plusieurs journalistes croupissent dans les prisons nigériennes ou sont inculpés. Cette situation installe durablement un climat de peur dans les rédactions, favorise l’autocensure et affaiblit dangereusement le droit du citoyen à une information libre, plurielle et professionnelle. Or selon la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ), il n’existe pas de liberté de la presse lorsque les journalistes vivent des conditions de peur ou de pauvreté.

Il apparait que toutes les poursuites jusqu’ici engagées contre les journalistes ne le sont pas sur la base de l’ordonnance n°2010-35 portant régime de la liberté de la presse, qui a dépénalisé les délits commis par voie de presse. Ces poursuites se font sur la base de l’ordonnance n°2024-28 portant répression de la cybercriminalité au Niger.

Pourtant, la charte de la refondation, qui tient lieu de Constitution, promulguée le 26 mars 2025, reconnait formellement en ses articles 34 et 35 le droit à la liberté de pensée, d’opinion, d’expression d’une part, et le droit d’être informé et d’accéder à l’information détenue par les services publics, d’autre part. Ce, conformément aux instruments régionaux et internationaux de protection et de promotion des droits humains auxquels le Niger est partie. On se rappelle que dans leur proclamation au lendemain du coup d’Etat du 26 juillet 2023, les autorités actuelles ont annoncé leur attachement auxdits instruments.

En un mot comme en cent, la place de Gazali Abdou Tassaoua n’est pas en prison. Elle est sur le terrain, micro en main, au service de l’information et de l’intérêt général. Libérer Gazali, c’est faire droit à la liberté de la presse. Libérer Gazali, c’est permettre aux citoyens de jouir de leur droit à une information régulière, saine et crédible.

Mahamadou Tahirou

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