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26 mars, 2026
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Coopération sino-nigérienne : L’Ambassadeur de Chine décline une ambitieuse perspective de coopération à Niamey

L’Ambassadeur de Chine au Niger Son Excellence Lyu Guijun a animé un point de presse le lundi 23 mars 2026 dans l’après midi à l’ambassade de Chine à Niamey. Devant des journalistes des médias publics et privés, l’Ambassadeur a présenté les orientations issues des « Deux Sessions » du parlement chinois et du 15ème plan quinquennal (2026-2030). Entouré de ses proches collaborateurs, il a détaillé les perspectives pour la coopération avec le Niger, notamment dans les secteurs de l’Innovation, technologique, pétrolier,  économique, minier, commercial et culturel.

Après une brève introduction, l’ambassadeur a pris1 la parole en mandarin. Son intervention, traduite simultanément en français, déroule une argumentation structurée, centrée sur la trajectoire de développement de la Chine et ses répercussions à l’international.

Au cœur du propos de l’Ambassadeur les « Deux Sessions », moment clé de la vie politique chinoise où se définissent les priorités nationales. Cette année, elles ont entériné le 15ème plan quinquennal, couvrant la période 2026-2030. Présenté comme l’épine dorsale de la planification depuis 1953, cet outil est décrit comme un levier ayant permis à la Chine d’assurer une croissance continue, de maintenir une stabilité sociale durable et d’améliorer significativement les conditions de vie de sa population.

L’Ambassadeur dresse ensuite un bilan du 14ème  plan quinquennal qu’il qualifie de « solide ». Selon lui, la Chine a su faire preuve de résilience économique, enregistrer des avancées dans les technologies de pointe, renforcer son ouverture commerciale et progresser sur le terrain environnemental. Dans cette continuité, le 15ème plan affiche des objectifs clairs : moderniser l’appareil industriel, intensifier l’innovation, stimuler la demande intérieure, approfondir l’ouverture économique et accélérer la transition écologique, tout en consolidant le bien-être social.

Mais le discours ne se limite pas à une lecture interne. Pékin entend projeter cette dynamique au-delà de ses frontières. L’Ambassadeur met en avant une vision d’un ordre international multipolaire, fondé sur le multilatéralisme, le respect mutuel et le partage des bénéfices. Une position qui se veut en rupture avec les logiques unilatérales et qui s’inscrit dans une stratégie d’influence assumée, notamment en direction des pays du Sud. Dans ce cadre, l’Afrique occupe une place centrale. L’Ambassadeur rappelle que la coopération sino-africaine, forte de plusieurs décennies, repose sur des principes de sincérité, d’efficacité et de respect mutuel. Il s’est appesanti sur la constance de l’engagement chinois envers le continent, présenté comme un partenaire stratégique dans une dynamique de développement partagé.

Des annonces concrètes viennent appuyer ce positionnement. À partir du 1er mai, la Chine prévoit d’appliquer une exemption totale de droits de douane sur 100 % des produits importés des pays africains. Une mesure qui, selon l’Ambassadeur, ouvre un accès sans précédent au marché chinois. Pour le Niger, elle pourrait constituer un levier de diversification économique, en stimulant les exportations et en favorisant une meilleure intégration dans les chaînes de valeur internationales.

Autre axe mis en avant : le renforcement des échanges humains et culturels. L’Année Chine-Afrique des échanges humains est présentée comme un outil de rapprochement entre les peuples, visant à consolider les liens académiques, culturels et sociaux, dans une logique de coopération durable.

À l’issue de son intervention, l’Ambassadeur s’est prêté aux questions des journalistes. Les échanges ont porté sur des sujets sensibles et structurants, qui sont entre autres : l’état de la coopération bilatérale, exploitation du pétrole et des ressources minières, niveau des échanges commerciaux, ainsi que les perspectives en matière de formation et de coopération académique.

Sans éluder les enjeux, le diplomate a réaffirmé la volonté de son pays de poursuivre un partenariat « gagnant-gagnant » avec le Niger. Il a toutefois rappelé, un point qu’il considère déterminant celui de la stabilité sociale et institutionnelle. Présentée comme un socle incontournable, elle conditionne, selon lui, la mise en œuvre efficace des plans de développement et leur réussite à long terme. Une référence directe au modèle chinois, où la stabilité est érigée en pilier du progrès économique. En effet, malgré un contexte mondial marqué par le ralentissement économique, le protectionnisme et les tensions, la Chine maintient une croissance solide et résiliente, avec une moyenne annuelle de 5,4%. Son économie reste un moteur clé, contribuant à environ 30% de la croissance mondiale et apportant stabilité, innovation et dynamisme durable à l’économie internationale.

Le point de presse s’est achevé dans une atmosphère plus détendue autour d’un cocktail offert aux participants. Loin du cadre formel, les discussions se sont poursuivies en aparté, témoignant de l’intérêt suscité par les annonces et des attentes qu’elles génèrent.

À travers cet exercice de communication, la Chine affine son discours et clarifie ses ambitions. Entre projection de puissance économique, consolidation de ses partenariats et promotion d’un modèle de développement fondé sur la planification et la stabilité, Pékin entend renforcer son ancrage en Afrique. Pour le Niger, les perspectives évoquées sont porteuses d’opportunités réelles, mais elles s’accompagnent d’exigences tout aussi claires. La coopération sino-nigérienne apparaît ainsi à un tournant, entre promesses de croissance partagée et impératifs de gouvernance.

Mahamadou Tahirou

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