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Niamey
7 janvier, 2026
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Appel solennel pour la libération du président Bazoum : Une issue honorable reste possible !

Par Elh. M. Souleymane

Le vendredi 2 janvier 2026, à travers une conférence de presse tenue à Afrikajom Center de Dakar, le Collectif international pour la libération du président Bazoum a lancé un appel solennel à la communauté internationale pour sa libération immédiate. Cette action vient en appui à la Lettre Ouverte adressée par le Collectif à l’ONU, à l’Union européenne, à l’Union africaine et à la CEDEAO. En dépit de toutes les violations des droits du président Bazoum, le Collectif international estime qu’« une issue honorable » reste possible à travers la libération de Mohamed Bazoum et l’ouverture d’un processus de réconciliation nationale au Niger.

« Depuis plus de 29 mois, Mohamed Bazoum et son épouse sont privés de liberté sans procès, isolés, détenus par une junte qui s’est emparée du pouvoir par la force », a déclaré Talla Sylla, membre du Collectif, face à la presse. Pour le Collectif, le silence prolongé des dirigeants du monde face à la captivité d’un président démocratiquement élu est devenu inacceptable. A travers leur point de presse, les représentants du Collectif ont également dénoncé « des pratiques inhumaines d’une période sombre de l’histoire de l’humanité ».

En rappel, le Collectif International pour la libération du président Bazoum a pour objectif essentiel la libération du président Mohamed Bazoum. Il a été créé à Dakar par un groupe d’amis et de compagnons de lutte du président Bazoum, avec un objectif précis : « transformer l’indignation en actions concrètes ». Selon son Directoire, dès le lancement, le Collectif a conçu un Plan d’Action rigoureux en trois axes : briser le silence ; mener un plaidoyer juridique et diplomatique ; apporter un soutien humanitaire à savoir veiller sur le sort de Mohamed et Hadiza Bazoum.

Selon le Directoire du Collectif, il importe de distinguer le Collectif et les signataires de la Lettre Ouverte. En effet, être signataire de la Lettre Ouverte est un acte de soutien fort mais cela ne fait pas de la personne un membre des instances dirigeantes du Collectif. C’est dire que la tentative de quelques-uns de discréditer le Collectif International pour la libération du président Bazoum n’est qu’un coup d’épée dans l’eau. Le chien aboie, la caravane passe, dit-on. Rien n’empêche la marche de ce projet conduit par des esprits épris de paix, de justice, de dignité et d’humanité en soutien à un homme porteur des mêmes valeurs universelles. Le Collectif se dit ouvert à tous les démocrates du monde.

En réponse au Collectif, le cabinet de l’ex président de la République Issoufou Mahamadou s’est fendu d’un communiqué polémique. Plutôt que de signer la Lettre Ouverte comme le lui a suggéré le Collectif, l’ex président ou son cabinet a plutôt tenté de justifier le coup d’Etat confortant ainsi tous les soupçons à son encontre. Cette réaction a été suivie d’une tentative d’entacher la noble et juste cause du Collectif en mettant en branle les ‘’Trolls’’ de l’ex président. Peine perdue au regard de la rigueur et la détermination des porteurs de ce projet. Nul doute que Issoufou Mahamadou et ses soutiens souffrent dans leur chair de voir toutes ces personnalités mondiales et certains de ses proches compagnons comme signataires de la Lettre Ouverte demandant la liberté au président Bazoum. Or, lui, compagnon de plus de 30 ans de Bazoum n’est pas signataire. Le choc est énorme !

Une approche dialogique pour sortir le Niger de l’isolement

Dans sa Lettre Ouverte, le Collectif International pour la libération du président Bazoum a rappelé le contexte de la détention de ce dernier. « Cette détention est en effet contraire aux obligations qui découlent du Pacte international relatif aux droits civils et politiques dont l’article 9 prohibe expressément la privation arbitraire de liberté ; elle méconnaît également les dispositions de la Charte africaine des Droits de l’Homme et des Peuples garantissant la liberté individuelle et le droit à un procès équitable. Elle s’inscrit en rupture directe avec la Constitution nigérienne, qui encadre strictement les conditions dans lesquelles un président démocratiquement élu est susceptible d’être démis de ses fonctions ou privé de liberté. Elle intervient en contradiction de l’arrêt rendu par la Cour de justice de la CEDEAO, en décembre 2023, qui a exigé la libération immédiate du Président et de son épouse… Elle fait fi de l’avis du groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire qui a qualifié, en février dernier, la séquestration du président « d’arbitraire » et appelé là encore à sa libération immédiate. Aucun chef d’accusation recevable, aucune procédure légale valable et aucune garantie procédurale minimalement conforme aux standards internationaux n’ont été présentés à ce jour », rappelle le Collectif.

Maitre Reed Brody, du barreau de New York, un des avocats de Mohamed Bazoum, a aussi renseigné la presse à l’occasion de la conférence de presse du Collectif en déclarant que « le droit est clair et il est bafoué ».

Pour sa part, le célèbre acteur de la société civile sénégalais, Alioune Tine, a bien voulu décrire la situation du Niger subséquente au renversement de Mohamed Bazoum depuis le 26 juillet 2023. « Face à une crise économique et sociale profonde, la libération de Bazoum pourrait être un véritable bol d’air pour le dialogue, le rassemblement et la paix », selon Alioune Tine qui estime que « la sécurité ne se règle pas seulement par les armes, mais aussi par un dialogue global ».

Aux autorités en place à Niamey, le Collectif pour la libération du président Bazoum tend une perche : une issue honorable reste possible à travers la libération de Mohamed Bazoum et l’ouverture d’un processus de réconciliation nationale. La situation délétère du pays exige un dialogue inclusif où les Nigériens, de toutes les sensibilités, se parlent et mettent en avant l’intérêt général. C’est pourquoi, il faut savoir raison garder. Ce n’est pas un tort de reconnaitre ses erreurs et accepter de se reprendre. Nul doute qu’en dépit du dénigrement dont il est victime par quelques-uns, la situation du président Bazoum impacte la vie de la Nation et il en sera ainsi tant qu’on ne met pas fin à sa détention extrajudiciaire. C’est cette bouée de sauvetage que le Collectif pour la libération du président Bazoum offre gracieusement aux Nigériens…en ce début de l’an 2026.

Elh. M. Souleymane

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