Enfin ! Trois semaines après l’adoption de la loi de finances au titre de l’année 2026 par le gouvernement, la Confédération Démocratique des Travailleurs du Niger (CDTN) s’est prononcée lors d’une déclaration rendue publique le 20 janvier dernier. Cette déclaration dresse un constat des difficultés économiques, financières et sociales que traverse le pays. Elle dénonce les retards dans le paiement des salaires, des pécules et des pensions, les effets de la loi de finances 2026 sur le pouvoir d’achat avec notamment l’adoption de la taxe sur les dépôts et transferts d’argent. « La loi de finances 2026 est socialement prudente sur les faibles revenus, fiscalement plus lourde pour les travailleurs moyens et est marquée par une stratégie de mobilisation accrue des recettes, parfois au détriment du pouvoir d’achat », relève la CDTN.
Dans sa déclaration, la CDTN appelle à la création des conditions d’un dialogue national sur la mobilisation des ressources financières et à la limitation dans le temps des mesures prises dans le cadre du Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie (FSSP). Elle condamne également toute intimidation ou sanction à l’encontre des travailleurs. Toutefois, elle ne formule pas de plan de mobilisation syndicale ni de calendrier d’actions face aux risques sociaux immédiats liés aux contraintes budgétaires de l’Etat. Celles-ci sont notamment marquées par des retards dans le paiement des salaires des agents de l’Etat, des pensions des retraites et des pécules des contractuels et appelés du service civique national d’une part, et de l’autre, par l’absence des appuis budgétaires extérieurs significatifs ; l’Etat ne dépendant quasi exclusivement que des ressources internes et du marché financier régional.
Dans l’ensemble, le ton de la déclaration de la CDTN apparaît mesuré, appelant au dialogue et à la mobilisation des ressources, sans formuler aucune alerte sociale. La modération du ton de la Centrale syndicale est-elle liée à la volonté de préserver un cadre de dialogue avec les autorités dans une période jugée sensible ? Est-elle influencée par le contexte politique actuel marqué par l’adoption de l’ordonnance relative à la mobilisation générale, qui élargit les pouvoirs de réquisition de l’État ? Ou bien est-elle liée au précédent créé par la dissolution des syndicats du secteur de la justice ? Ce contexte peut contribuer à un climat de réserve voire d’autocensure de la part des syndicats.
Il est important de noter que d’après UMOA-Titres, le Niger devra rembourser, en 2026, plusieurs milliards de FCFA sur le marché régional. L’essentiel de ces remboursements est concentré sur les premiers mois de l’année dans l’intervalle de janvier à avril. Sans oublier les autres services de la dette à honorer pour cette année 2026.
Mahamadou Tahirou





