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16 février, 2026
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Cri de cœur : Quelle place au dialogue pour la sortie de crise au Niger ?

Les porteurs du projet de la Refondation et leurs soutiens ont-ils vraiment conscience que le Niger fait face à une crise politique et sociale aigue ? Feignent-ils d’ignorer que seul un dialogue sincère, inclusif peut résorber une crise politique de cette nature et de cette ampleur ?

 L’enlisement de la situation du pays depuis deux ans et six mois ne suffit-il pas pour les convaincre de changer de fusil d’épaule ? Assurément non. Les difficultés inextricables, la dégradation sécuritaire, l’état lamentable des libertés, le manque des perspectives claires et l’absence d’un agenda politique pertinent ne suffisent toujours pas à ramener les autorités militaires à mesurer l’urgence d’un nouvel ajustement pour notre pays. Pourtant, à part eux et leurs soutiens les plus intéressés, plus personne ne doute de la difficile situation que nous vivons au Niger, sur tous les plans.

‎Je constate que même les quelques sages qui donnaient des conseils avisés et désintéressés ont fini par s’éclipser de la toile laissant les militaires avec quelques marginaux et  autres boutefeux qui les poussent  continuellement à la faute.

‎Ceux- là qui ont tendance à dire que tout ce que le chef dit ou fait est beau ou bon, ces oiseaux migrateurs qui suivent toujours la direction du vent, ce sont eux les nouveaux conseillers du Chef. Or un chef qui a le sens de l’Histoire doit s’en méfier, parce qu’ils sont nocifs.

‎C’est d’ailleurs les mêmes « Yan banga siyasa » qui ont marqué les différents régimes politiques du Niger, tout  comme ces  acteurs de la société civile ou  acteurs politiques devenus des » opportunistes tout-terrain ». Ils étaient animateurs du Cosimba, du   tazarce et aujourd’hui de la Refondation. Ils ont toujours été à la manœuvre chaque fois que les régimes constitutionnels sont renversés.

‎Lorsque dans un pays tout le monde est mis au pas, lorsque penser librement est un délit, lorsque les rédactions des médias décident souverainement de renoncer d’éclairer la lanterne des citoyens, lorsque les plus doctes n’ont plus voix au chapitre, il y a lieu de constater qu’il y a défaite de la pensée. Et surtout qu’il y a lieu de penser que la raison a cédé la place à la peur ou même la terreur. Aucune refondation digne de ce nom , n’a besoin de la répression pour s’installer.

‎Lorsque le Chef de l’Etat et tous ceux qui symbolisent le pouvoir actuel dans notre pays célèbrent une activiste des réseaux sociaux au détriment de nos sommités (diplomates de renommée, hommes politiques avisés, universitaires émérites…), on sait alors que les références ont basculé et que la vision est nivelée vers le bas. Les plus incrédules ont, au minimum, demandé qu’est-ce la dame dite de Sochi, cette camerounaise qui ne parle jamais de son pays, pourrait changer de la situation du Niger ?

‎N’est-ce pas rendre la pièce de la monnaie au Chef lorsque Nathalie Yamb a déclaré : « Quiconque a regardé les 5h45 d’interview du président du Niger Abdourahamane Tiani hier à la RTN sait qu’il n’y a pas plus érudit que lui à la tête d’un Etat africain. »

‎Voici le profil et prototype de griots qui ont pignons sur rue en lieu et place des nigériens censés conseiller plus sagement et utilement nos gouvernants.

‎Nous ne cesserons de le rappeler même si cela s’avère comme qui dirait prêcher dans le désert, « le dialogue est un outil crucial pour désamorcer les crises politiques en empêchant l’escalade, favorisant la compréhension mutuelle

‎et reconstruisant le lien social. Il permet de passer de l’affrontement à la gestion constructive des désaccords, notamment en incluant toutes les parties prenantes ».

‎En effet, force est d’admettre que jamais une crise politique n’a plongé notre pays dans l’incertitude comme celle qui a commencé depuis le 26 juillet 2023. Ceux qui ne voudraient pas du dialogue campent dans leur zone de confort en pensant qu’il faut garder le président Bazoum et son épouse de façon extrajudiciaire ainsi que les autres détenus politiques, il faut renoncer à l’état de droit et aux libertés dans l’espace AES, il faudrait accepter de gré ou de force que les peuples dans l’espace AES n’ont plus besoin de choisir leurs dirigeants.

‎Nous le disons tout net, c’est anachronique d’infantiliser les peuples en ce sens que la Souveraineté tant chantée est l’apanage du peuple. La Refondation, la vraie doit savoir réconcilier tous les fils du pays. Pour ce faire, le dialogue n’est pas une option mais une nécessité. Les Nigériens ont le droit de choisir et de demander des comptes à ceux qui les dirigent, c’est cela le fonctionnement d’une société moderne et c’est un minimum auquel aucun peuple ne peut renoncer.

Elh. M. Souleymane

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