IF-VEG tire la sonnette d’alarme : arrestations, fermetures, suspensions-le Burkina Faso à quel prix ?

Il y a des moments dans l’histoire d’un peuple où le silence cesse d’être une vertu pour devenir une faute. C’est précisément ce message que Moussa Mahamadou Nazirou, journaliste professionnel et Chargé de Communication de l’Initiative Faso Vérité et Gouvernance (IF-VEG), a porté avec force et méthode lors de la conférence de presse organisée ce vendredi 29 au samedi 30 mai 2026 à Abidjan.

Devant une assistance attentive, le porte-parole de ce mouvement de la société civile — strictement apolitique et sans affiliation partisane — n’est pas venu attaquer. Il est venu interroger. Interroger les faits. Interroger les consciences. Et surtout, interpeller chaque Burkinabè, où qu’il se trouve, sur sa part de responsabilité face à ce qui se passe aujourd’hui dans son pays.

Une loi sur les libertés religieuses qui inquiète

Au cœur des préoccupations soulevées figure une loi récemment adoptée encadrant les libertés religieuses au Burkina Faso. Une loi dont les contours, selon l’IF-VEG, méritent que tout citoyen éclairé s’y penche avec sérieux.

C’est dans ce contexte que l’arrestation de l’imam Dr Mohamed Ishaq Kindo prend tout son relief. Cet homme de foi, respecté, a été placé en garde à vue pour avoir simplement exprimé publiquement des réserves sur cette législation. Une critique. Des mots. Et une arrestation.

« Quand critiquer une loi devient un crime, c’est la loi elle-même qu’il faut questionner », a sobrement relevé Moussa Mahamadou Nazirou, sans emphase, mais avec la précision chirurgicale de celui qui pèse chaque mot.

Car telle est la question fondamentale que pose l’IF-VEG aux Burkinabè : dans un État de droit, la critique est-elle une menace ou une nécessité ? Et si elle devient une menace aux yeux du pouvoir, que nous dit cela sur la nature de ce pouvoir ?

Un syndicat suspendu, une mosquée fermée : le tableau d’ensemble

L’arrestation de l’imam Kindo n’est pas un fait isolé. Elle s’inscrit dans une série d’événements qui, pris ensemble, dessinent un tableau préoccupant.

La suspension du syndicat des étudiants, voix historique de la jeunesse burkinabè, prive une génération entière de son outil légal de revendication et de dialogue. La fermeture de la Grande Mosquée Sunnite de Ouagadougou, l’une des plus importantes du pays, affecte non seulement des pratiquants, mais interroge sur la place accordée à la diversité religieuse dans l’espace public.

Moussa Mahamadou Nazirou a tenu à replacer ces faits dans leur dimension collective : « Ce ne sont pas des affaires séparées. C’est un faisceau. Et c’est ce faisceau que tout Burkinabè lucide doit observer. »

L’appel à la responsabilité : ni haine, ni résignation

Ce qui distingue l’intervention de l’IF-VEG de tout discours partisan, c’est précisément son ton. Pas d’invective. Pas de mot d’ordre politique. Mais une invitation grave et mesurée à l’éveil civique.

Le porte-parole a adressé un message direct à ses compatriotes, en particulier à ceux de la diaspora qui observent de loin :
« Nous demandons à chaque Burkinabè de se poser une question simple et honnête : les actes posés aujourd’hui en notre nom correspondent-ils aux valeurs que nous défendons ? Correspondent-ils à l’idée que nous nous faisons d’un Burkina digne, libre et juste ? »

C’est là toute la force de la démarche de l’IF-VEG. Elle ne dit pas quoi penser. Elle invite à penser. Elle ne désigne pas d’ennemi. Elle pointe des faits. Et elle pose, avec toute la gravité que la situation commande, la question de la légitimité — non pas comme un slogan, mais comme une exigence citoyenne fondamentale.
Qu’est-ce qu’un pouvoir légitime ? Est-il celui qui se maintient par la force ou celui qui se nourrit du consentement éclairé de son peuple ? L’IF-VEG ne répond pas à la place des Burkinabè. Elle leur remet la question entre les mains.

Une société civile debout, dans la méthode et la dignité

L’IF-VEG tient à le rappeler avec constance : elle ne fait pas de politique. Elle ne soutient aucun parti, ne prépare aucune transition alternative, ne roule pour aucune chapelle. Son seul mandat est celui que lui confère la société civile : observer, alerter et éveiller.

Et c’est peut-être là sa force la plus redoutable dans le contexte burkinabè actuel — celui d’une parole qui ne peut être réduite au silence par l’argument de la partisanerie, parce qu’elle n’en est pas une.
Moussa Mahamadou Nazirou a conclu son intervention par ces mots, simples et lourds à la fois :

« Nous ne demandons pas aux Burkinabè de choisir un camp. Nous leur demandons de choisir leur conscience. »

L’Initiative Faso Vérité et Gouvernance (IF-VEG) est un mouvement de la société civile apolitique, engagé pour la défense des droits, des libertés fondamentales et de la bonne gouvernance au Burkina Faso

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