Nigeria/Nominations à la Commission Électorale : Le président Tinubu sollicite le Sénat pour leur confirmation

À quelques mois des élections générales annoncées pour janvier 2027, le président nigérian Bola Ahmed Tinubu presse le Sénat de confirmer les nouveaux responsables de la Commission électorale nationale indépendante (INEC). Entre postes à pourvoir, impératif de préparation du scrutin et exigence de contrôle parlementaire, ces nominations remettent au premier plan la question de la crédibilité de l’arbitre électoral.

Le 16 octobre 2026, le président Tinubu a annoncé la nomination de quatre commissaires nationaux, la reconduction d’un autre et la désignation de deux commissaires électoraux résidents au sein de la Commission Electorale Nationale Indépendante (INEC). Dans la foulée, il a invité le Sénat à accélérer leur confirmation. Derrière cette demande de célérité se pose une exigence essentielle, celle de pourvoir les postes vacants sans vider le contrôle parlementaire de sa substance.

Les changements annoncés concernent plusieurs composantes de l’administration électorale. Pour le nord-ouest, le professeur Mustapha Aliu est proposé en remplacement d’Abdullahi Zuru. Dans le centre-nord, Bashir Muhammed Umar doit succéder à Muhammad Adamu. Oluwatoyin Babalola, jusque-là commissaire électorale résidente dans l’État d’Osun, est pressentie pour représenter le sud-ouest, en remplacement de Cornelius Ajayi, dont le mandat arrive à expiration le 24 octobre 2026. De son côté, Bala Bila est reconduit comme commissaire national représentant le nord-est.

À ces mouvements s’ajoutent deux nominations au poste de commissaire électoral résident. Samuel Akinjide Akinleye, ancien secrétaire permanent, est proposé pour l’État d’Ekiti, tandis que Zahradden Basiru Sanusi, originaire de Jigawa, est désigné pour remplacer Saidu Ahmed Babura. Les décisions annoncées restent soumises aux procédures de confirmation applicables.

L’argument du calendrier n’est pas secondaire. La préparation d’un scrutin mobilise des moyens humains, administratifs et logistiques qui ne peuvent être improvisés à la dernière minute. Pour la présidence, accélérer les confirmations doit permettre à l’INEC de disposer des responsables nécessaires à l’accomplissement de ses missions. Mais l’urgence électorale ne saurait, à elle seule, tenir lieu de justification complète des profils retenus. La compétence, l’intégrité et l’impartialité attendues des responsables électoraux demeurent au centre de la confiance publique.

C’est précisément là que le rôle du Sénat prend toute son importance. Sollicitée pour confirmer les candidats, la chambre haute doit examiner les dossiers dans le cadre de ses prérogatives constitutionnelles. La procédure n’est pas nécessairement acquise d’avance. En juillet 2017, le Sénat avait confirmé huit commissaires électoraux résidents, reporté l’examen de trois candidatures et rejeté une autre. Ce précédent rappelle que plusieurs issues sont possibles, sans préjuger de la décision concernant les nominations actuelles.

Quelle sera la réaction des partis d’opposition et des candidats qui contestent la gouvernance de Tinubu ? Pour l’instant, et au moment où nous écrivons cet article, aucune information disponible ne permet d’établir une opposition formelle aux personnes désignées ni d’annoncer un éventuel blocage au Sénat.

Néanmoins il y a cette question de fond : à quelques mois du scrutin, la célérité recherchée par Abuja sera-t-elle accompagnée d’un examen parlementaire à la hauteur des enjeux ? La crédibilité de l’INEC ne dépend pas uniquement de la rapidité avec laquelle ses postes sont pourvus. Elle repose aussi sur la confiance que les candidats, les partis et les électeurs peuvent accorder à l’institution chargée d’organiser la compétition électorale. C’est à cette exigence que les nominations du 16 octobre seront, en définitive, confrontées.

M Tahirou

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