Projet d’exploitation d’uranium de DASA : un financement de 414 millions de dollars annoncé !

414,2 millions de dollars. Le chiffre frappe, mais il mérite d’être décodé. Derrière cette enveloppe annoncée pour le projet d’uranium DASA de Global Atomic, dans la région d’Agadez, se trouvent une entreprise minière canadienne, une agence publique américaine et, au cœur du dispositif, le Niger. Mais contrairement à certaines présentations, ces 414 millions de dollars ne constituent pas encore un argent effectivement versé.

Le 16 septembre 2026, le conseil d’administration de la U.S. International Development Finance Corporation (DFC) a approuvé une facilité de dette pouvant atteindre 414,2 millions de dollars pour le financement du projet DASA. La DFC est une agence du gouvernement américain chargée notamment de financer des investissements privés à l’étranger, avec des priorités qui incluent les ressources stratégiques et la sécurité énergétique.

Mais qui est le bénéficiaire de cette opération ? Global Atomic n’est pas une agence américaine, encore moins une institution publique. Il s’agit d’une société cotée basée à Toronto, au Canada. Elle développe le projet DASA à travers la Société minière de Dasa (SOMIDA), détenue à 80 % par Global Atomic et à 20 % par l’État du Niger, selon les informations publiées par l’entreprise.

La première clarification est donc essentielle : DFC et Global Atomic ne sont pas deux structures américaines travaillant pour le compte de l’État américain. La première est une agence publique américaine ; la seconde est une entreprise privée canadienne.

Autre nuance, et non des moindres : une facilité de dette approuvée n’est pas synonyme de 414,2 millions de dollars déjà disponibles. Le financement reste soumis à plusieurs conditions avant tout décaissement. Parmi celles-ci figurent notamment les arrangements nécessaires pour l’exportation de la production d’uranium, les questions liées aux autorisations et à la durée des droits miniers, ainsi que la conclusion des accords et documents définitifs nécessaires au financement.

Cette distinction change sensiblement la lecture de l’annonce. Il ne s’agit donc pas, à ce stade, d’un transfert de 414,2 millions de dollars au Niger, ni d’un don américain à Global Atomic. Il s’agit d’une capacité de financement par dette, destinée à contribuer au développement du projet.

L’intérêt américain pour cette opération n’est cependant pas anodin. La DFC affiche, parmi ses priorités, les minerais critiques et l’énergie. De son côté, Global Atomic indique que la majeure partie de l’uranium déjà contractualisé pour les premières années de production doit être destinée à des utilities américaines.

Le projet reste, lui, implanté au Niger, où Global Atomic affirme exploiter DASA à travers SOMIDA, avec une participation de l’État nigérien de 20 %. Le développement souterrain et les travaux de l’usine de traitement se poursuivent sur le site.

Au-delà du montant colossal annoncé, la véritable question est donc celle de la concrétisation du financement. Tant que les conditions prévues ne sont pas satisfaites et les documents définitifs finalisés, les 414,2 millions de dollars restent une enveloppe de financement approuvée, et non un décaissement acquis.

Pour le Niger, la question mérite d’être suivie avec attention. Les questions sont les suivantes :  qui finance, qui emprunte, dans quelles conditions, avec quelles garanties et selon quelles obligations pour chacune des parties ? C’est dans ces réponses, davantage que dans le seul montant annoncé, que se trouve la portée réelle du financement de DASA.

M. Tahirou

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