Journée mondiale de la langue Hausa : adapter la langue aux sciences et aux nouvelles technologies

Membres du gouvernement, ministres des pays voisins, autorités coutumières, chercheurs venus du Niger et d’autres pays, enseignants, journalistes, artistes, jeunes et grand public se sont donnés rendez-vous ce mardi 8 septembre 2026 au palais du 29 juillet de Niamey pour célébrer la 11è édition de la Journée mondiale de la langue Hausa ou Ranar Hausa.  Célébrée chaque 26 août de l’année, cette Journée n’a pu l’être au Niger contrairement à d’autres pays africains. Un problème de calendrier a motivé le report de la célébration, a tenu à justifier le président du comité d’organisation, l’ambassadeur Moutari Ousmane.

Les organisateurs ont voulu faire de cette édition un moment privilégié de mémoire, de réflexion mais aussi de transmission de savoir aux jeunes qui doivent s’approprier cette langue. « La langue Hausa est l’un des plus grands patrimoines linguistiques de notre espace africain et même de l’humanité », a dit l’ambassadeur Ousmane, mettant ainsi en exergue l’importance de cette langue qui gagne en influence, de par le monde. A titre d’illustration, bien que n’étant pas un pays majoritairement haussaphone, le Gabon a érigé le Hausa en langue nationale par décret présidentiel.

Aujourd’hui, le Hausa fait partie du patrimoine linguistique de nombre de pays africains ou non comme le Nigeria, le Niger, le Cameroun, le Ghana, le Tchad, le Soudan, le Burkina Faso, le Gabon, la Centrafrique, le Togo, le Bénin, la Côte d’ivoire, l’Arabie saoudite. Cette langue est enseignée dans plusieurs universités africaines, européennes, américaines, etc. La langue est aussi présente sur les chaines de radios internationales comme La Voix de l’Allemagne, La Voix de l’Amérique avant sa suppression par Donald Trump. La BBC, Radio France Internationale, Radio Moscou, Radio Chine Internationale et Radio Iran l’utilisent aussi dans leurs programmes respectifs.

Cette langue a besoin d’être dynamisée pour qu’elle soit adaptée aux sciences et aux nouvelles technologies. A ce sujet, le président du comité d’organisation a su définir les défis qui doivent être relevés pour y parvenir : Comment faire de la langue Hausa une langue davantage présente dans l’éducation ? Comment renforcer sa place dans la littérature, les médias, et dans la recherche scientifique ? Comment la faire entrer davantage dans le numérique ? Comment permettre à nos jeunes de créer, innover en utilisant leur propre langue ?

Un partage d’expériences est plus que nécessaire avec les universités nigérianes qui ont fait un pas de géant dans ce cadre en adaptant le Hausa dans le domaine du numérique, et notamment de l’Intelligence Artificielle. La présence à Niamey des enseignants-chercheurs et chercheurs du Nigeria est une grosse opportunité pour lancer des ponts de développement de cette langue. Le Hausa comme langue des sciences et des nouvelles technologies mais aussi comme support de développement de l’art et de la culture. La collection de 200 dictons en langue Hausa conservée à l’Institut de Recherches en Sciences Humaines (IRSH) de Niamey pourrait être une sources d’inspiration. Le Hausa comme langue d’enseignement est également une priorité. L’expérience a été tentée depuis les indépendances avec succès à travers ce qu’on appelait les écoles expérimentales. Le président Diori Hamani, homme de culture et de lettres, en avait fait une priorité. Les outils pour promouvoir cette langue existent à l’exemple de l’arrêté n°0212/MEN/SP-CNRE du 19 octobre 1999 qui modifie et complète un autre arrêté du 15 mars 1981 relatif à l’orthographe de la langue Hausa signé par Dr Akilou Ahmet Baringaye alors ministre de l’Education nationale.

Un autre défi, et non des moindres, est d’introduire le Hausa comme langue de travail à l’Union africaine. Les politiques et les chercheurs se doivent de porter le plaidoyer.

La Rédaction

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